Génération Y : problèmes, solutions ou bouffées d’oxygène dans les entreprises ?

Génération Y : génération pourquoi, première génération internationale, génération universelle, génération interconnectée, génération incontrôlable, génération créative, génération d’impatients, d’impulsifs, génération ‘ce n’est pas de ma faute’, génération…. Bref que de qualificatifs, d’adjectifs pour essayer d’identifier cette génération….

Un raz de marée inattendu

Elle a déboulée comme un raz de marée, lorsque j’étais directrice pédagogique dans l’enseignement supérieur. D’un seul coup, et oui, en un seul moment à mes yeux plus rien ne fut comme avant : lors d’une rentrée en septembre, le public avait changé, les étudiants s’étaient transformés. Ils ne se contentaient plus de faire ce que nous leur disions, ou parfois ce que nous leur ordonnions : ils en voulaient plus, autrement, avec respect, dans un esprit d’égalité, d’échange gagnant-gagnant.

Il faut bien l’avouer : nous n’étions pas prêts. D’ailleurs le sommes-nous maintenant ? Nous, enfants  de la génération X,  responsabilisés à coup d’effort et d’heures supplémentaires faites avec un grand sourire, nous ne connaissions pas cette autre façon d’être. Car oui, nous avions appris que réussir se fait par la sueur. Il faut dire que nous étions pilotés soit par d’autres X (et ce n’est pas le plus simple), soit par des baby-boomers qui eux -et oui c’est comme ça- avaient pu obtenir beaucoup : gloire, argent et pouvoir, la grandeur des années 60, 70 et les années 80 pour se refaire.  Et nous, nous étions désenchantés. Alors comme avons-nous vécu l’arrivée des Y ? Comme un raz de marée chamboulant tout le petit plan que nous avions prévu : gravir les échelons avec effort, quelques points de rémunération supplémentaires, pour peut-être un jour, avec des cernes probablement, en l’absence de conjoint, avec des enfants grands et élevés entre coca et pizza, devenir enfin Khalife à la place du Khalife.

Et en plus ils sont restés…

Après le choc, nous avons vécu à travers le questionnement et puis, sont apparus  les dizaines d’informations sur la génération Y, les formations. Il a fallu aller de l’avant et comprendre. Il est aisé d’identifier le phénomène par des faits et même d’en rire (parfois jaune) mais pour beaucoup les Y demeurent : « Les empêcheurs de travailler en rond » 1:

Pourtant, ils sont ce que nous en avons  fait :

Ils représenteront  40% des actifs en 2015, donc demain.

Ce n’est plus une option que de se poser les bonnes questions : c’est désormais une nécessité pour tous les dirigeants d’entreprises, les DRH, les collaborateurs…. Comme dans tous les bouleversements stratégiques, certains en tireront une force, et d’autres ne comprendront pas. Probablement les mêmes qui attendent encore une fin de crise…

image generation y Inversons le raisonnement, partons du postulat qu’il n’y a pas de problème avec la génération Y, que les problèmes identifiés dans les entreprises ne proviennent pas de changement générationnel mais d’autre chose, d’autres facteurs. Car que reprochons-nous à la génération Y ? : de mélanger vie privée et vie professionnelle, de vouloir beaucoup immédiatement, d’être pressé d’atteindre leurs objectifs, d’être individualiste au lieu de jouer collectif, de ne pas être fidèle et loyal à une entreprise, d’être connecté en permanence…..

Comme dit l’adage « il est toujours plus aisé de voir la paille dans l’œil de son voisin que la poutre qui est dans la sienne ».

Demandons-nous alors :

Qui n’a jamais mis sa vie privée au milieu de sa vie professionnelle ?

Qui n’a jamais quitté une entreprise un peu trop précipitamment parce que les conditions n’étaient plus vivables, plus en lien avec ses valeurs ou pas en accord avec ce qui avait été annoncé ?

Qui ne s’est jamais connecté aux réseaux sociaux, sur ses mails personnels  sur son lieu de travail ?

Qui n’a jamais voulu tout, tout de suite au lieu d’obtenir peut-être quelque chose, probablement une promotion,  peut-être dans 5 ans si tout va bien et que les efforts sur humains sont là ?

La conclusion s’impose de soi-même : Nous sommes tous un peu des Y car être Y n’est pas qu’une nouvelle donnée sociologique, c’est un changement de comportement dans une société à la dérive, ou rien n’est figé, ni même les comportements attendus.

CHANGEZ ? Euh… Changeons !

Les entreprises sont alors devenues vides : vides d’humanité, vides de sens au profit du ROI, ce dictat de la finance, cette donnée regardée de trop près par les actionnaires au détriment de l’humain.Ce qui a changé ce ne sont pas les personnes mais la façon de fonctionner dans les entreprises. Le management est devenu progressivement, insidieusement, un management impersonnel : parce qu’avoir des émotions ça ne se fait pas, les montrer encore mois (là aussi il faut les laisser à la maison). L’entreprise comme organe vivant est devenue dure, froide, sans âme, sans sens.

Bien sûr que les Y n’en veulent plus, et il n’y a pas qu’eux, qui en voudrait ? qui pourrait rester dans de tels contextes, qui n’en voudrait pas plus, autrement ?

Nous sommes tous des Y. Notre expérience, notre vécu, notre culture sont empreints de X, de baby boomers, de Y et bientôt, à travers nos enfants de Z2.

Au lieu de s’attarder, une fois encore sur tout ce qui nous sépare, je préfère voir ce qui nous rassemble : Ces jeunes (qui maintenant ont entre 17 et 30 ans)  ont cette fougue, cette jeunesse, cette envie de faire autrement que nous avions perdu ou abandonné.

Think outside the BoxPour les comprendre, pour cesser les clivages trop faciles entre générations et travailler ensemble, la solution s’impose d’elle-même : il faut changer le management, et ne pas essayer d’adapter les Hommes aux modèles d’organisations mais changer de modèles.

Mettez au tiroir les ordres, les injonctions ! Balancez par la fenêtre l’environnement néo-taylorisé que les entreprises ont voulu et durci dès le début de la crise en 2008. Acceptez de ne pas tout comprendre, acceptez que chacun ait son rythme, ses envies et vous serez surpris de constater que les objectifs sont tenus, sont dépassés  et que l’ambiance a changé.

Attention, ne vous méprenez pas, ce n’est pas là l’apologie de l’anarchisme dans les entreprises. C’est plutôt un juste retour des choses. Il faut un cadre mais pas des cadres, des ‘managers’ répercutant leur pression, leurs objectifs. Un  cadre n’est pas une boîte où tous doivent être enfermés, c’est le cadre flexible de l’écosystème, de l’environnement de travail où chacun devient responsable de ce qu’il est et des bénéfices qu’il apporte.

Vous voulez performer ? La solution est là devant nos yeux : Vous avez besoin de tous, de tous les talents quelle que soit leur génération.

 

Pour aller plus loin :

Blog de Julien POUGET 
Génération Y : comment les manager ? 
Les jeunes de la génération Y : un atout pour l’employeur
La jeune génération et le travail : je t’aime moi non plus
Génération Z saurez-vous les encadrer

1 Génération Y : les empêcheurs de tourner en rond

2 Génération z : natifs après la deuxième moitié des années 1990  

 

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