Entreprise 3.0 : fantasme ou réalité ?

 

 

 

« Je suis de retour du futur …. »

L’entreprise : derrière ce seul mot des schémas très différents se dessinent. Enfant, j’imaginais que dans le futur, la Dolorean de Marty MacFly serait réalité et que nous ne verrions plus les choses de la même façon : le travail, la santé, la famille, les voyages. Je reste perplexe sur cette pensée. Il faut bien l’avouer : finalement peu de choses ont changé.

La technologie a évolué, pensez-vous : La technologie a modifié notre quotidien. Certes, mais est-ce à bon escient dans les entreprises ? Nous parlions à l’époque de management paternaliste qualifié de directif, souvent descendant, aux prémices d’un management délégatif, participatif.

Nous rêvons désormais à des modes de  management collaboratif voir mieux, contributif. Etre connecté n’apporte pas qu’une visibilité et un emprisonnement perpétuel au travail, plus proche, plus présent, à nos côtés sur la plage, au ski, voire parfois dans notre lit. Etre connecté doit également engendrer son pendant et ainsi permettre aux entreprises, au management ou de façon plus large à la gouvernance des entreprises d’être repensée.

Je ne suis plus spectateur, suiveur de l’entreprise pour laquelle je travaille, j’en deviens acteur, moteur.

 

Imaginez, imaginons….

Imaginez par là que j’en choisisse mes fonctions, mes missions, et par là mon mode de rémunération (avantage en nature, numéraire, places de concerts, recommandations, certification de compétences, actionnariat….).  J’apporte ma contribution responsable, celle qui me fait sens, celle que j’ai envie de donner pour la performance du collectif. Etre connecté, ce côté souvent décrié comme individualiste devient alors synonyme de  bienêtre collectif : je travaille depuis un bureau dans une entreprise, depuis mon appartement, dans mon jardin, sur un bateau, à l’autre bout du monde ou juste à côté car je le peux, car nous sommes tous reliés : par mail, par documents attachés sur des plateformes, par des webex, des skype, des hangout dont les invitations remplissent automatiquement mon agenda sur mon smartphone. Je peux poster mes comptes rendus, manager une équipe, développer une entreprise quel que soit le lieu où je me trouve. L’entreprise n’a ainsi plus de frontière. Elle, si rigide dans son cadre organisationnel, administrative, néo taylorienne[1] devient flexible. Pour arriver à de tels résultats, déployer les moyens et outils ne suffisent pas : il faut changer de cap, il faut repenser le management : sortir de ce dictat d’ordre descendant pour aller vers d’autres modèles.

 

Une nouvelle vision du travail face à des organisations vieillissantes

La crise de  2008 a engendré, déployé et disséminé des modèles d’organisation du travail jusque-là se voulant atypiques ou anecdotiques. Avant  le Krach des valeurs et les conséquences que nous connaissons tous sur l’économie, nous, soldats de la génération X[2], nous pensions que le sens donné au travail était en étroite concordance, en presque parfaite adéquation avec les valeurs de l’entreprise.

Depuis 2008, les rangs des managers intermédiaires se sont évaporés. La complexité des organisations et leur inertie sont apparues comme évidentes. Le pouvoir est resté pratiquement dans les mêmes mains et peu de cadres, de managers, d’employés ont retrouvé un sens dans leur travail. Travailler pour qui ? Pour l’organisation, pour le bien commun, pour son collègue, pour son hiérarchique, pour son manager, pour sa famille, pour soi ? Avec cette notion de sens qui disparaît peu à peu, la motivation s’en va de même, s’étiolant tous les jours, et le sens donné au travail ne devient plus qu’alimentaire, un mode survie pour certains un mode de dépression pour d’autres.

Pourtant certaines entreprises vendent encore du rêve, mieux certaines le conçoivent : entre les valeurs marketing affichées, certains en font leur management effectif, stratégique et opérationnel et ainsi repensent leurs ratios : le ROI est remplacé par le BIB (bonheur intérieur brut) de leur salarié, vecteur de performance et de croissance de l’entreprise. Ces entreprises ne cherchent plus à fidéliser à tout prix (ou à se débarrasser) de leurs salariés, mais à les faire grandir avec elle, jusqu’au jour où ils doivent grandir ailleurs. L’entreprise devient terrain de jeux interactifs, elle devient au-delà du collaboratif, elle devient contributive : j’y apporte sous ma responsabilité, sans preuve, mes savoirs, mes compétences, mes savoir être pour un temps donné en poursuivant un objectif corporate, collectif clair, défini et qui me fait sens.

Ne changeons pas : transformons-nous

L’entreprise 3.0 est connectée : elle est même ultra connectée par plateforme collaborative. Il ne s’agit que d’outils au service d’un nouveau management et plus loin d’une nouvelle gouvernance d’entreprise : 3.0

Les entreprises sans chef, le management collaboratif ne sont que des exemples possibles et concrets, l’entreprise n’est qu’une coquille vide sans les personnes qui la composent, ce sont à eux de dicter leurs nouvelles règles, d’inventer de nouvelles formes de gouvernance, de management face à un environnement toujours plus rapide, toujours plus instable, toujours plus innovant. Le client prend ainsi sa place dans l’entreprise comme toutes les parties prenantes : fournisseurs, prestataires, actionnaires, salariés, bénévoles, tous au service d’une même vision.

 

 

 

 

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Pour aller plus loin:

Atelier entreprise 3.0 au Club des créateurs et repreneurs d’entreprise de l’EM LYON :présentation by prezi :
http://prezi.com/lvp0mlp9hgmv/?utm_campaign=share&utm_medium=copy&rc=ex0share
Vidéo de Daniel PINK  en conférence TED : la surprenante science de la motivation
https://www.youtube.com/watch?v=ZOWF6kacsTE
Quelques articles :
http://lecercle.lesechos.fr/entrepreneur/tendances-innovation/221193309/trois-grands-v-big-data
http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/management/rh/221186436/entreprise-30-integrer-organiser-et-harmoniser-nouveaux-
http://www.generation-mobilite.com/uploads/articles/56-quelle-place-pour-les-individus-dans-lentreprise-3.0-benjamin-ejzenberg.pdf
http://organisationarchitecture.blogspot.fr/2013/09/esquisse-dune-entreprise-30.html
Ouvrages recommandés :
La vérité sur ce qui nous motive par D. PINK
Le travail invisible par Pierre-Yves GOMEZ

 

 

 

[1] En référence aux nouvelles formes qui font suite au Taylorisme et au Fordisme
[2] http://www.leprinceduweb.com/generation-x-y-et-c-3-visions-du-monde-differentes-1-meme-combat/

 

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