Comment on fait un Mooc ?

On nous pose souvent cette question : Vous faîtes comment un Mooc ?! bah, euh, à vrai dire…. comment vous expliquer tout ça ….

Et bien un Mooc, on le conçoit comme une serie tv.

Hum… à peu près comme ça effectivement mais sans les zombies et le tout Hollywood dernière nous !

En postulat sachez que nous avons pris le parti d’apprendre par nous même (et ce n’est pas facile car même si nous avançons, nous avons eu également tendance à reculer ou à se tromper), donc apprendre par nous même l’ensemble des techniques et outils pour pouvoir créer nos Moocs, les coordonner, les piloter et bien sur savoir s’entourer des bonnes personnes aux bons moments.

Deuxième postulat et précautions d’usage : cet article ne rassemble que mon point de vue et bien sûr il est non exhaustif et très très subjectif…

Je vous livre la recette en 10 étapes clés :

1- Une bonne idée :

Trouver un bon thème, un thème qui soit nécessite une expertise (virologie, développement web…), soit un thème très générique et auquel tout le monde peut se raccrocher (management, insertion professionnelle, développement personnel, gestion de projet) ou enfin un thème tendance que l’on veut absolument connaître pour ne pas être hasbeen (entreprise libérée, personnal branding,…)

Trouver un bon thème, un thème qui soit nécessite une expertise (virologie, développement web…), soit un thème très générique et auquel tout le monde peut se raccrocher (management, insertion professionnelle, développement personnel, gestion de projet) ou enfin un thème tendance que l’on veut absolument connaître pour ne pas être hasbeen (entreprise libérée, personnal branding,…)

Bref il faut trouver LA bonne idée (et le bon titre) et pas uniquement celle qui nous plaira à nous : Le ficus et ses 28 variétés : ça marcherait ?!

2 – Rechercher des producteurs

Les producteurs se sont principalement les financeurs et à moins que vous ayez un petit pactole de côté, il faudra en trouver. Pour cela armez vous de présentations chocs de votre projet (objectifs, attentes, publics cibles, estimation budgétaire, rétroplanning), et de votre slide spéciale ‘valeur ajoutée’ : ‘Notre Mooc est différent parce qu’il est…. différent, notre Mooc vous apportera amour, gloire et beauté…, ensemble construisons notre Mooc…’.

Vous l’aurez compris il s’agit surtout de travailler ensemble pour un même objectif et aussi de couvrir l’ensemble des dépenses de ce beau projet.

Identifiez vos producteurs potentiels et foncez !

Comme tous projets : commencez par votre réseau, faîtes valider votre idée, regardez et soyez attentif aux opportunités, aux attentes des uns et des autres et aux enjeux qui peuvent se cacher derrière votre projet. Finalement allez vous réaliser un Mooc ou plus que ça ?: une formation incluant un Mooc, un Mooc avec un serious game, un Mooc dans un Mooc déjà existant. Le champs des possibles est vaste : saisissez les opportunités, ne vous fermez aucune porte, car les conseils et suggestions des uns peuvent apporter énormément à vos contenus et enrichir vos idées.

Ce qu’il faut savoir sur cette étape et je vous le dis : c’est la plus difficile et la plus frustrante. Si croyez moi…

Difficile car beaucoup vont adoré ce que vous faîtes mais ne vous aideront pas ou pire, prendront vos idées (bah oui ils n’ont pas forcément besoin de vous, si, si c’est vrai) et frustrante. Que c’est long, et re long. On ne prévoit jamais assez de temps : 3 mois, bon 6 alors, quoi ça prend 9 mois : c’est trop long….

Oui c’est long, mais voyez le comme une opportunité, une opportunité pour parler de votre projet, commencer à teaser, collecter des informations : prescripteurs, cibles, journalistes….

Et puis le bon côté c’est que vous trouverez des producteurs ! (efin on l’espère!)

3- Ecrire un bon scénario

C’est l’étape cruciale .

C’est le moment il faut scénariser, écrire un storyboard complet : qui va parler de quoi quand, comment, sous quel format, quelle durée, avec quelle architecture générale pour quel effet attendu ? beaucoup de questions à mettre dans une même maquette.

Des planches et des planches qui vous donneront une architecture générale.

Un conseil : que vous le fassiez directement sur pc ou la bonne vieille méthode papier crayon : il faut que le support soit agile, facilement modifiable, et interchangeable : c’est à dire que vous puissiez facilement modifier le déroulé et l’ordre des capsules.

Et oui, vous en êtes déjà là ! Il faut penser les capsules (les épisodes des séries et les scènes à l’intérieur). Une capsule est une vidéo à portée pédagogique en générale et c’est préférable de moins de 5 minutes sinon il y a un GRAND risque de décrochage voir d’endormissement la tête sur le smartphone ou sur le clavier.

Pensez également format lors de cette étape : ce qui est visible sur un écran d’ordinateur ne l’est pas forcément sur un smartphone : soyez responsive car 70% des contenus se regardent sur smartphone.

4- Recrutez vos acteurs !

Deux écoles : les acteurs derrière les caméras ou bien des speakers : des intervenants réels qui ont une expertise sur un sujet, un background, un témoignage à apporter. Ce sont des personnes légitimes. Personnellement même si j’adore les acteurs (si, si j’attends toujours que @BradPitt ou @JDMorgan viennent tourner dans nos Moocs #speakinmymoocplease) je préfère accompagner et vivre cette expérience avec les speakers.

Plus qu’un recrutement et la validation de leurs apports, il va falloir ensuite être au près d’eux lors de l’écriture des scripts et pendant les tournages mais j’avance un peu vite.

Recrutez vos speakers dans vos réseaux en parlant de vos projets, sans oublier de recruter parmi vos producteurs. Vous pouvez également faire un appel à speakers #Ineedyou : on l’a fait et ça a cartonné ! Tous sont si talentueux, si passionnés que c’est un véritable plaisir de les accompagner et de devenir un peu et pendant un court instant metteur en scène.

5 – Ecrire les scripts de tournage

Je devrais écrire co-écrire les scripts mais là aussi il y a deux écoles : ceux qui écrivent tous les scripts et ensuite les donnent aux speakers pour qu’ils les apprennent et ceux qui co-construisent avec les speakers : là aussi nous avons fait notre choix.

Il faut écrire le texte de la capsule pour plusieurs raisons :

  1. car c’est un bon exercice de compression et de formalisation de la quintessence : une capsule = 1 feuille word = 5 minutes
  2. pour être sur de ce qui va être dit et de la façon dont cela va être dit : tonalité employée, vocabulaire, phrasé.
  3. pour valider la cohérence avec le storyboard
  4. pour vous apporter aussi de nouvelles idées : combien de fois à la lecture de script nous avons revu avec joie notre storyboard !

6- Pensez design

Entourez vous de designer, de graphistes. N’improvisez pas. Si ce n’est pas votre métier c’est juste indispensable : les designer et graphistes vous apporteront la cosmétique de votre Mooc (important pour faire passer les messages), la cohérence graphique et parfois même l’ergonomie.

 

7- Réalisez, tournez, montez

‘Mon dieu ça prend vie !’ devait se dire Frankeinstein. Moi aussi, en moins pire bien sur, lors du tournage et de la livraison des premières capsules.

Il faut prévoir et s’entourer d’un réalisateur, d’un monteur, d’une maquilleuse (ou d’un maquilleur d’ailleurs) et ne pas lésiner sur les moyens (sans faire flamber le projet). Le rôle de l’ingénieur pédagogique présent tout au long est là aussi indéniable car c’est lui qui va aider au montage et à l’inscription des messages clés. Bien sur il faut aussi penser aux illustrations : fixes, animées, comment ?

8- Communiquer

Indispensable mais souvent la dernière roue du carrosse : on peut quand même rouler avec trois roues certes mais moins bien et moins longtemps.

Quelle est alors votre stratégie de communication pour atteindre votre public, quand et comment la déployer, sur quels réseaux sociaux ou autres supports ? Est ce vous qui allez communiquer ou la plateforme qui va héberger vos contenus ? Quel est votre objectif quantitatif et quels sont vos objectifs qualitatifs en terme de communication? Peut-on communiquer sur tous les réseaux ? Bref autant de questions que pour n’importe quel projet finalement.

Prévoir la communication est indispensable : avant, pendant et après le Mooc. Nous avons trop tendance à y penser au dernier moment faute de temps et de budget. Recrutez alors un community manager qui vous aidera dans la création, la mise en ligne et l’amélioration des contenus.

9- Animer

Une fois le Mooc lancé il faut le faire vivre. Ah bon ça vit un Mooc, me direz-vous ? Oui, ça s’alimente : de contenus, d’interactivité. Ça respire : de posts des moocers, des avis, conseils, de la modération, des réponses. Ça dort : heu non ça ne dort presque jamais : Plus de 65% des vidéos sont vues après minuit.

Quel sera alors le meilleur ambassadeur pour animer votre Mooc ? Vous, un animateur spécifique, et pour dire quoi, quand et comment ? Quelle tonalité, quel message, quelles animations ?

Car pour que votre Mooc puisse enfin vivre il faut qu’il soit hébergé, qu’il soit mis à disposition sur une plateforme : les fameuses LMS (Learning Management System). Vous devez alors en amont de l’ouverture sélectionner votre plateforme en fonction de critères qui vous sont propres (ergonomie, ressources, possibilités d’interaction, potentialité de moocer, coût…)

Prévoyez de l’interactivité et de la gamification : on apprend mieux et plus efficacement en jouant : badges, challenges, serious game…. sont quelques clés pour créer de l’intérêt et ne pas entrainer un taux de déperdition trop important de moocers présents tout au long de votre Mooc.

10 – Evaluer ce que vous avez fait

On en parle en général très peu de l’évaluation car il faut l’avouer, elle est peut faite et, entre nous, mal faite. Bien trop souvent les mêmes méthodes pédagogiques n’ayant pourtant jamais fait leurs preuves ont été répercutées dans les Moocs. Pourquoi ? parce qu’on a toujours fait comme ça et puis parce qu’on sait le faire. Il est bien plus simple de poursuivre les fameuses évaluations de satisfaction à chaud : alors c’était bien ? bien comment ? que de prévoir et de réaliser des bilans qualitatifs avec évaluation à froid portant sur l’atteinte des objectifs fixés et la validation des compétences recherchées.

Pour conclure ; il le faut bien et puis cet article est déjà un peu trop long; maintenant vous saurez mieux que les autres répondre à la fameuse question : comment on fait un Mooc ?

Si vous avez encore des questions, des commentaires, des suggestions : n’hésitez pas je répondrai !

A très vite et …. Bon Mooc !

 

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